Avant-Propos :

Si on écoute les spécialistes en tout genre, avides de livrer promptement leur expertise dans les médias, la rentrée va être difficile. D'un point de vue économique et sociale, c'est probable, même si les experts en question sont tout aussi prompts à se tromper et alors à retourner leur veste... D'un point de vue progressif, cette rentrée s'annonce pour sa part une nouvelle fois étonnamment florissante. Le confinement des derniers mois a certes permis aux musiciens de se consacrer corps et âme à leur art, mais le foisonnement des sorties attendues ces prochaines semaines ne s'explique pas seulement de la sorte. Non, il semble juste que le courant progressif, déconnecté le plus souvent des règles du marché (excepté pour quelques "stars"), bénéficie d'une totale liberté artistique qui ne le rend en effet que peu tributaire des aléas économiques...

Du coup, cette Sélection et celle qui la suivra en octobre contiennent un nombre incroyable de pépites, qui ne demandent qu'à venir divertir vos oreilles dans les prochaines semaines. Même les grincheux ("le courant progressif ne progresse pas/plus !" ou "il n'y a plus un seul bon album depuis 10 ans") vont devoir changer de disque set constater avec moi que leurs a priori ne résistent pas vraiment à l'examen de la situation présente...

Bonne lecture et bonne rentrée à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


Promotion Septembre 2020

Dans la limite des stocks disponibles...

 

2 albums à 13 € pièce !!! 

HAZE : "Back To The Bones"

THAT JOE PAYNE : "By Name. By Nature."

 


La nouvelle Sélection de Nouveautés (Septembre 2020)...

LEE ABRAHAM : "Harmony / Synchronicity" 17 €

COLIN BASS / DANIEL BIRO : "Still" (digipack) 18 €

TIM BOWNESS : "Late Night Laments" (Ed. Limitée digipack) 18 €

CHANDELIER : "LIve At Lorelei" (CD/DVD digipack) 19 €

CODE 18 : "Human Error !" (digipack) 17 €

DAYS BETWEEN STATIONS : "Giants" (digipack) 17 €

GUNGFLY : "Alone Together" (Ed. Limitée digipack) 18 €

HAKEN : "Virus" 18 €

HAZE : "Back To The Bones" 13 €

KAIZEN : "Aquila" (digipack) 18 €

KYROS : "Celexa Dreams" (digipack) 17 €

LEGACY PILOTS : "Aviation" (digipack) 17 €

LOGOS : "Sadako..." 17 €

LUNAR CLOCK : "The Scream Of Nature" (digipack) 17 €

MORSE / PORTNOY / GEORGE : "Cov3r To Cov3r" 18 €

MORSE / PORTNOY / GEORGE : "Cover To Cover Anthology" (3CD Ed. Lim. digipack) 25 €

PAIN OF SALVATION : "Panther" 18 €

THE PINEAPPLE THIEF : "Versions Of The Truth" (digipack) 17 €

PLUS 33 : "Open Window" (digipack) 15 €

SOUNDDIARY : "Anamnesis" (digipack) 17 €

SWAPPERS ELEVEN : "From A DIstance" (digipack) 17 €

THE TANGENT : "Auto Reconnaissance " (Ed. Limitée digipack) 18 €

THAT JOE PAYNE : "By Name. By Nature." 13 €

RICK WAKEMAN : "The Red Planet" 17 €

 


LEE ABRAHAM : "Harmony / Synchronicity" (48:21) 17 €

Depuis le milieu des années 2000, Lee Abraham, ancien bassiste de Galahad devenu depuis son guitariste, connaît une véritable acmé créative. Les albums solo se succèdent, aussi variés qu'ils sont brillants : citons l'émouvant The Seasons Turn ou l'ambitieux Comatose. Harmony/Synchronicity est donc le huitième opus de Lee Abraham, qui sait toujours admirablement s'entourer. Cette fois, il bénéficie des collaborations vocales de Peter Jones, décidément incontournable, Mark Atkinson (Riversea) et même de ses camarades de Galahad. Ecrit au coeur de la pandémie, et illustré par Robin 'Cosmograf' Armstrong, Harmony/Synchronicity propose sept nouvelles compositions (de 3:40 à 11:51) abordant des sujets de société contemporains, toujours portés par la finesse mélodique et le souffle symphonique de Lee Abraham. Assurément une nouvelle réussite dans la carrière remarquable du guitariste anglais.

 


 

COLIN BASS / DANIEL BIRO : "Still" (digipack) (53:57) 18 €

 

Depuis quarante ans, Colin Bass est le fidèle bassiste d'une des légendes du prog, Camel. Mais il ne se contente pas de cette place notable, égrénant au fil des années divers projets parfois inattendus. Still est le dernier en date. Le musicien s'est en effet associé à Daniel Biro, une figure de l'ambient, pour réaliser un superbe disque ouaté et atmosphérique. Tandis que Biro gère les claviers, Bass chante, joue du piano et de la basse. Les deux hommes se sont également partagés la composition des onze morceaux (de 0:59 à 7:41). Le résultat est assez proche du meilleur post-rock, mais également de Tim Bowness pour ce qui est de la composante chantée. On pense aussi aux collaborations entre Tony Patterson et Brendan Eyre et à... Camel bien sûr. Un délicieux moment de sérénité.

 

 


TIM BOWNESS : "Late Night Laments" (Ed. Limitée digipack) (38:50/18:05) 20 €

 

En plus du récent album de No-Man, Tim Bowness continue d'exploiter une veine soliste particulièrement en verve ces dernières années. Neuf chansons aux durées contenues, mais dans lesquelles le talent de Bowness explose littéralement aux oreilles. Les textes sont ancrés dans le présent, souvent âpres et durs, tandis que la musique s'avère plus coulante, plus caressante. On a affaire là à une pop de grande classe, à la production soignée (Steven Wilson est aux commandes du mixage) et aux arrangements très élaborés. Quelques invités sont également de la partie, tels Richard Barberi ou Colin Edwin. L'édition limitée de l'album comprend un second CD avec pas moins de cinq titres bonus : une raison supplémentaire pour se laisser tenter !

CHANDELIER : "Live At Loreley" (CD/DVD digipack) (76:53/DVD) 19 €

 

Après la réédition augmentée de ces 3 albums studio, le groupe allemand Chandelier disparu depuis plus de 20 ans fait un joli retour avec la parution de son premier concert de reformation enregistré l'été 2019 lors du fameux festival de Lorelei. Véritable best-of du groupe puisqu'on y retrouve l'essentiel de son deuxième album (le réputé, à juste titre, Facing Gravity) ainsi qu'une sélection de morceaux de ses premier et troisième opus (tout aussi réussie), ce concert bénéficie d'une prise de son excellente et s'offre même en bonus l'image (sur un DVD). A entendre les musiciens, difficile de croire qu'ils étaient hors circuit depuis si longtemps, mention spéciale au guitariste Udo Lang tout en fluidité mélodique et toucher magnifique (avec un joli clin d'oeil au "Firth Of Fifth" de Genesis). Un excellent condensé de la carrière du groupe.

 


 

CODE 18 : "Human Error !" (60:31) (digipack) 17 €

 

Code 18, en plus d'être utilisé dans le jargon informatique, désigne désormais un nouveau groupe de rock progressif en provenance du Québec. Monté par Johnny Maz, déjà claviériste au sein de Huis, adepte d'un prog symphonique, il comprend également Jean-François Rémillard aux guitares et Bônz à la basse et au chant. Human Error !, leur premier disque, signé chez Unicorn Digital, a connu une longue genèse mais affiche quelques invités prestigieux, dont Michel St-Père, guitariste et leader de Mystery. Le concept choisi est ancré dans une géopolitique d'anticipation - mais si peu - puisque deux nations s'affrontent pour le contrôle de ressources en eau. Une ode à la compréhension mutuelle, dont les inspirations musicales puisent aussi bien chez Pink Floyd que Sanguine Hum, Mystery que Huis, et même Tangerine Dream pour le versant plus électro. Les claviers sont très présents, et jouent un rôle crucial dans la beauté plastique de l'instrumentation, mais cet incontestable point fort ne doit pas faire oublier la force des mélodies portées par tous les musiciens. Bienvenue à Code 18 dans le petit monde progressif.

 


DAYS BETWEEN STATIONS : "Giants" (digipack) (60:13) 17 €

Le précédent album de Days Between Stations, le duo créatif formé de Sepand Sazmadeh aux guitares et claviers et de Oscar Fuentes-Bills aux claviers et guitares (ainsi qu'à la basse), datait déjà de 2013, mais In Extremis avait profondément marqué le public prog, par la qualité de ses compositions et de ses invités. Pour Giants, Colin Moulding (XTC) et Billy Sherwood sont de nouveau de la partie, ce dernier, outre le chant, officiant également à la production. Inspiré aussi bien de la mythologie grecque que de la littérature plus récente, et superbement illustré par le vétéran Paul Whitehead, Giants est un disque qui plonge ses racines dans les années 1970, entre Yes, Genesis, et un soupçon d'Uriah Heep, de par le caractère légèrement plus rock et direct du disque. Giants contient 7 probantes compositions (de 3:57 à 16:55) qui en font un album à la hauteur de nos attentes.


GUNGFLY : "Alone Together" (Ed. Limitée digipack) (61:46) 18 €

Pour tous ceux qui estimeraient que Rikard Sjöblom n'est pas employé à sa pleine mesure au sein de Big Big Train, son projet Gungfly est incontournable. Le multi-instrumentiste suédois, autrefois tête pensante de Beardfish, y laisse éclater toute son ingéniosité, sa fougue et sa verve mélodique. Seulement assisté des frères Diamant pour la section rythmique, il redonne vie à ce progressif solaire et généreux, ayant capturé tout le dynamisme des années 1970, rejoignant un Moon Safari dans cette démarche de brillante réappropriation. Là où Rikard Sjöblom se place un cran au-dessus, c'est dans la polyvalence stylistique et instrumentale qu'il sait mettre à contribution, rendant toutes ses compositions (6, de 2:46 ) 14:50, auxquelles ont été associés 2 titres bonus de 3 et 5 minutes) véritablement passionnantes, riches en rebondissements et en variété vocale, avec une pulsation rock permanente. Du très haut niveau !

 


HAKEN : "Virus" (51:53) 18 €

 

Le nouvel album des musiciens d'Haken, ces nouveaux maîtres britanniques du métal-prog, arbore un titre en phase directe avec la triste actualité de notre monde, mais qui avait pourtant été décidé bien en amont. Virus est en effet conçu comme la suite de Vector, sorti en 2018. Et d'emblée, Haken lâche les chiens, avec une musique dure, digne du Devin Townsend le plus énervé. S'en tenir à cette première impression serait toutefois commettre une erreur. Virus est en effet fort diversifié, faisant mouche par des mélodies vocales pleines de lyrisme, usant d'arrangements jazz-rock et ménageant toujours des plages plus intimistes. Et puis, il y a "The Messiah Complex", une suite d'un quart d'heure divisée en cinq parties, d'autant plus intéressante qu'elle s'apparente à une traversée de la discographie déjà fort riche des Britanniques. Le groupe y multiplie les reprises et les clins d'oeil, tout en calmant tout le monde par une maestria technique époustouflante. Virus est bien une nouvelle réussite de Haken !

HAZE : "Back to The Bones" (digipack) (68:31) 13 €

 

Dans la famille des groupes nés dans les années 1970 mais n'ayant jamais connu le succès des plus grands, je demande Haze ! Ayant sorti trois albums au milieu des années 1980, puis deux dans la décennie suivante, la formation des frères McMahon fait partie de ces petites mains qui ont contribué à l'émergence du néo-prog. Depuis le début des années 2010, ils ont fait leur grand retour, et ce Back To The Bones est l'occasion de les découvrir au mieux de leur forme. Guitares conquérantes et forcément lyriques, Haze propose une musique typiquement néo-progressive, parfaitement interprétée, agrémentée néanmoins de touches folk du plus bel effet mais aussi de nappes de claviers très référentielles. Back To The Bones est réellement le symbole d'une secode naissance pour son auteur, resté le plus souvent sur le banc de touche jusqu'ici, mais qui occupe désormais une solide place de titulaire dans l'équipe néo-progressive anglaise. Les adeptes du genre sont prévenus !!

KAIZEN : "Aquila" (digipack) (39:37) 18 €

 

Hasard ou pas, les albums de moins de 40 minutes de cette Sélection, dans des styles très différents, sont de franches réussites. Cet album, le second de Kaizen après 25 ans de silence, a mis quelques mois a traverser l'Atlantique (il est sortie en effet l'an dernier) mais fait beaucoup de bien à tous les adeptes du progressif brésilien, si discret ces dernières années. Car le retour de Kaizen n'est pas seulement factuel, il traduit bel et bien une forme de renaissance tant le résultat est au delà de toutes nos attentes. Autour de Kleber Vogel, que l'on a connu au sein de Quaterna Requiem, on découvre une pléthore d'invités : des membres de Tempus Fugit, de Quaterna Requiem et le "génial" Marcus Viana de Sagrado. Ce dernier, violoniste tout comme Kleber Vogel, montre combien cet instrument est au coeur du dispositif instrumental de Kaizen. Aquila, bâtie autour de sa suite éponyme (17:53), est dénué de paroles et développe un progressif symphonique, comme il n'en existe plus guère de nos jours. A savoir parfaitement interprété et produit, et tout autant sophistiqué qu'évident ! Inutile d'aller plus loin, si ce n'est de préciser par exemple que les autres instrumentistes (flûte, guitare et claviers) sont au diapason des deux violonistes et concourt à faire de Aquila l'album dont on ne croyait plus vraiment le Brésil encore capable de produire...

 


KYROS : "Celexa Dreams" (digipack) (62:13) 17 €

Excellente surprise de découvrir le nouvel album des anglais de Kyros, 4 ans après un ambitieux et remarquable double album qui avait valu au groupe la couverture de Big Bang Magazine. Quelques années ont passé mais le talent et la fougue de ces jeunes musiciens ne se démentent pas. Pleine d'énergie mais sachant user de contrastes saisissants, la musique concoctée par le quatuor (d'obédience néo-pogressive) est en perpétuel mouvement et s'apprivoise lentement, tout en gagnant en consistance à chaque nouvelle écoute. Avec un équilibre chant/musique parfaitement géré et des sonorités qui doivent beaucoup aux années 80 (curieusement très à la mode aujourd'hui), Celexa Dreams a tout de ces surprises inattendues qui s'impriment durablement dans l'esprit des auditeurs. Plus qu'une révélation, la confirmation d'un très grand talent bien dans son époque !


 

 

LEGACY PILOTS : "Aviation" (digipack) (64:09) 17 €

On avait découvert Legacy Pilots il y a deux ans avec Con Brio, premier album plus que prometteur. Avec Aviation, la formation allemande, toujours menée par le multi-instrumentiste Frank Us, fait un très grand pas en avant. Une nouvelle fois entouré de talentueux musiciens, notre homme a mis au point 11 compositions (de 4:25 à 10:18) cuisinées aux petits oignons, qui permettent à chacun des intervenants d'offrir une plus value bien réelle, et pas seulement correlée à leur notoriété. Qu'ils s'agissent de Pete Trewavas, Marco Minnemann, Steve Morse ou autres Jordan Rudess, tous participent à la réussite de cet Aviation de très haut standing. Au petit jeu des réferences que l'on peut rencontrer au sein de la musique de Legacy Pilots, on notera (entre autres) le Pink Floyd le plus récent pour la recherche mélodique, Alan Parsons Project pour la sophistication, Big Big Train pour les petites touches néo-progressives ou UK pour les joutes instrumentales les plus épiques. Accessible, racé et mélodiquement intense, le progressif de Aviation ne pourra que vous donner des frissons et l'envie de le réécouter ecore et encore.

 


LOGOS : "Sadako E Le Mille Gru Di Carta" (64:28) 17 €

Le bombardement atomique sur Hiroshima aura inspiré bien des créations artistiques : pour se limiter au cadre musical, citons la trilogie réalisée par Tangerine Dream dans les années 2000. Les Italiens de Logos, pour leur part, célèbrent un rock progressif plus épique et symphonique, proche du néo. Mais ils semblent avoir été particulièrement inspirés par leur concept, tant les mélodies sont ici grandioses, que ce soit pour les moments les plus emphatiques, gorgés de claviers comme on les aime, ou les séquences les plus acoustiques et intimistes. Il faut dire que l'album a bénéficié d'une gestation de cinq ans. Le concept, justement : Sadako Sasaki, une jeune fille japonaise décédée d'une leucémie provoquée par le bombardement, mais qui devint une icône de la paix par les grues en papier qu'elle fabriquait. Dans le genre qu'il s'est choisi, Sadako E Le Mille Gru Di Carta (6 compositions, de 2:16 à 21:20) fait déjà office de candidat au titre de meilleur album de l'année, et le buzz qu'il suscite déjà ici et là ne trompera personne sur la grande qualité dont cet opus fait preuve. Immanquable !!!


LUNAR CLOCK : "The Scream Of Nature" (digipack) (38:58) 19 €

La taille n'est pas synonyme de performance, ni la durée de qualité, on le sait bien. En 39 petites minutes, Lunar Clock le démontre une nouvelle fois. Enregistré au long cours (entre 2014 et 2019), le premier album de cette formation néerlandaise est inspiré du peintre Edvard Munch, peintre norvégien bien connu pour être l'auteur du angoissant "Le Cri". Pourtant, le contenu des 8 (la derière en 3 parties) compositions (de 2:39 à 15:27) de The Scream Of Nature ne reflètent pas du tout la noirceur des toiles de Much dont elles sont pourtant censées s'inspirer. Si vous regrettez la disparition d'une formation comme Like Wendy, qui portait en elle une forme de grâce et de volupté, Lunar Clock a toutes les chances de vous ravir, surtout que celle-ci propose une musique mieux produite et mieux équilibrée. Tout en nuances, le progressif symphonique de The Scream Of Nature développe des thèmes et des mélodies remarquables qui contiennent quelques déliceuses nuances 'Canterbury' et trouve une divine conclusion avec la suite "Metabolism". Ce morceau à lui seul, mais soyez certains que les autres sont au diapason, suffit à prendre consscience que son auteur est à prendre très vite en considération. Superbe !

 


MORSE / PORTNOY / GEORGE : "Cov3r To Cov3r" (digipack) (50:07) 18 €

Les trois musiciens, noyau dur du Neal Morse Band, s'étaient déjà essayés à deux reprises par le passé à l'exercice de la réinterprétation. Voilà donc le troisième volet de leurs oeuvres. Au programme, des titres à l'éventail stylistique bigarré. On y trouve en effet le tube "Baker Street" et son célèbre chorus de saxophone, mais également du Squeeze, du Tom Petty ou du Lenny Kravitz et du David Bowie. Pour les titres les plus prog de la sélection, vous pouvez compter avec "One More Red Nightmare" de King Crimson, "Hymn 43" de Jethro Tull ou "No Opportunity Necessary, No Experience Needed" des débuts de Yes. Interprétés avec le talent qu'on leur connaît, ces morceaux sont un appel à l'ouverture musicale, un très beau parcours d'un patrimoine plus ou moins bien connu.

 


MORSE / PORTNOY / GEORGE : "Cover To Cover Anthology" (Ed. Limitée 3CD digipack) (63:08/67:15/50:07) 25 €

 

En même temps qu'ils sortent le troisième volet de leur entreprise de reprises, le trio Neal Morse - Mike Portnoy - Randy George propose une intégrale de leurs trois albums. Loin d'être une simple compilation, cette Anthology bénéficie, pour ses deux premiers disques, d'une véritable remasterisation et du réenregistrement de certaines séquences, sans oublier le très beau travail iconographique de Thomas Ewerhard, harmonisant les pochettes avec celle de Cov3r To Cov3r, ce qui en fait un véritable objet de collection. La diversité pop-rock est au programme, avec une forte dose de la nébuleuse des Beatles, du Neil Young, The Who, The Police et son reggae-rock, U2 ou Chicago, sans que le prog proprement dit ne soit oublié : l'occasion de découvrir sous un nouveau jour Styx, les esthètes de Steely Dan, The Moody Blues, Jethro Tull ou King Crimson.

 


 

PAIN OF SALVATION : "Panther" (53:29) 18 €

Après son précédent opus, le racé et terriblement humain In the Passing Light Of Day, Pain Of Salvation continue, avec Panther, d'explorer le champ des possibles quant à la future incarnation de sa musique. Adepte de la remise en question permanente, Daniel Gildenlöw, sa tête pensante, ose le métissage le plus extrême et réinvente le métal progressif en le rendant plus synthétique. Sauvage, imprévisible, Panther est un diamant brut, aux aspérités changeantes. Pain Of Salvation déstabilise, interpelle, mais ne déçoit jamais. Une fois encore, Panther pousse l'audace au rang d'art premier et élève les consciences. Osé, mais fortement addictif et jouissif !

 


 

THE PINEAPPLE THIEF : "Versions Of The Truth" (digipack) (44:56) 17 €

Depuis plusieurs années maintenant, chaque nouvel album du groupe de Bruce Soord fait l'effet de la découverte du nouveau millésime d'un grand cru : pas de mauvaise surprise et l'assurance d'un travail soigné et d'une qualité toujours au rendez-vous. Cette fois encore, le job est fait et plus que bien fait. Le format des morceaux reste très raisonnable (de 3 à 7 minutes) et la musique se situe élégamment aux confins du rock indé, de la pop et du rock, le tout mélangé donnant une forme de prog moderniste, pour un résultat encore parfaitement réussi, Bruce Soord ayant vraiment un don pour trouver l'ambiance ou la mélodie qui va faire mouche. Petite mention particulière au jeu tout en délicatesse et subtilités du batteur Gavin Harrison, remarquable de bout en bout sur Versions Of The Truth. Une valeur sûre du rock-prog britannique qui ne se dément pas.

 


PLUS 33 : "Open Window" (digisleeve) (54:39) 15 €

Plus 33 est le projet monté par le claviériste Didier Grillot, associé pour l'occasion à plusieurs musiciens britanniques professionnels. Open Window, entièrement instrumental et servi par une production de haute qualité, se déploie en quatre grands mouvements consacrés chacun à un des éléments. Si le piano constitue un indéniable fil rouge, Didier Grillot n'est pas avare en envolées solistes typiquement prog. Outre une certaine influence jazz-rock symphonique, Open Window peut également évoquer Pink Floyd, Genesis ou le plus méconnu Patrick Broguière : une musique charnelle, profondément sensitive, où la mélodie se marie idéalement à la variété des atmosphères et à la beauté de l'interprétation. Une splendide découverte !


SOUNDDIARY : "Anamnesis-Letter In A Bottle" (digipack) (74:47) 17 €

 

Découverte un peu tardive pour ce jeune groupe autrichien, puisque Anamnesis est déjà son troisième album paru en fin d'année dernière, mais à notre décharge, on pourra toujours dire que les deux premiers opus du groupe étaient encore en attente de l'étincelle propre à attiser le feu de notre attention. C'est bien évidemment le cas avec ce dernier né de la bande des frères Pichlmann, car avec ce concept-album copieux, le groupe réussit une métamorphose qui le place au coeur du progressif symphonique et moderne susceptible de plaire au plus grand nombre d'entre nous. Anamnesis - Letter In A Bottle s'avère vraiment un excellent album, dont chaque nouvelle écoute, par la richesse et les détails qu'elle dévoile, est une redécouverte. A ne pas rater !

SWAPPERS ELEVEN : "From A Distance" (digipack) (57:33) 17 €

On connaît les relations de confiance et de complicité extrêmement proches qui lient Marillion et ses fans, s'exprimant par le financement participatif ou les conventions régulières. Swappers Eleven en initie une autre facette. Ce nouveau groupe est en effet né d'une habitude de Marillion, consistant à sélectionner des musiciens dans son public pour venir jouer avec lui sur scène (Swap The Band). Luiz Alvim, Alessandro Carmassi et Gary Foalle avaient ainsi été retenus, ce qui leur a donné l'idée de prolonger l'aventure en produisant un véritable album studio. Ils ont également invité dix-sept autres musiciens de neuf pays différents, eux aussi vainqueurs d'autres sessions de Swap The Band, pour un casting définitivement cosmopolite. La musique proposée se ressent bien sûr de la passion pour Marillion qui les relie tous, mais au-delà de cette proximité stylistique indéniable, le résultat est puissant et inspiré, fort de mélodies très travaillées, avec pas moins de deux épiques de treize minutes. Les claviers renouent avec la verve du Mark Kelly des années 1980, tandis que la variété des vocalistes évite toute accusation de simple décalque des Britanniques. Une excellente surprise, une initiative à encourager !


THE TANGENT : "Auto-Reconnaissance" (Ed. Limitée digipack) (60:18) 18 €

C'est toujours un plaisir de découvrir les nouvelles productions de The Tangent, tant Andy Tillison s'efforce de mêler les fondamentaux prog à des croisements plus audacieux ou inattendus. Entouré des fidèles Jonas Reingold, Luke Machin et Theo Travis, ainsi que de Steve Roberts de Magenta à la batterie, il livre un disque éclatant d'énergie, avec pas moins de trois compositions dépassant la dizaine de minutes (la plus longue approchant de la demi-heure). Jazz-rock teinté de funk, école de Canterbury, prog symphonique à la ELP, mais également RnB (si, si !), toutes ces influences sont passées à la moulinette de The Tangent, offrant un nectar dont on ne se lasse pas, la voix si particulière et si attachante de Tillison en étant un des fils rouges. Auto-Reconnaissance, qui poursuit la veine inspirée de Proxy, est assurément une des sorties majeures de la rentrée.


THAT JOE PAYNE : "By Name. By Nature." (digipack) (52:41) 13 €

Le chanteur Joe Payne, que l'on connaît notamment pour avoir été le chanteur de The Enid dans la période récente ou avoir collaboré aux deux opus de John Holden, publie ici son premier album. Et le résultat est assez incroyable. Difficile en effet de résister aux acrobaties vocales de celui qui se fait désormais appeler That Joe Payne, tant son registre et ses aptitudes sont étendus. Peu inscrit dans l'orthodoxie progressive, By Name. By Nature. cherche assez souvent à prendre ses auditeurs à contre pied, tant par des séquences vocales recherchées que des compositions (10 au total, de 2:48 à 8:19) originales formellement. Difficile de faire de probantes comparaisons, tant la musique de That Joe Payne file entre les doigts des mains les plus traditionnelles. Néanmoins, By Name. By Nature. fait parfois penser au progressif énergique et mélodique de ACT, ou à ce qu'un Peter Gabriel jeune pourrait offrir de nos jours. A découvrir, vraiment !


RICK WAKEMAN : "The Red Planet" (55:21) 17 €

Avec The Red Planet, Rick Wakeman (associé ici à The English Rock Ensemble) fait un retour à sa veine la plus progressive, mais contrairement à sa revisitation du matériel sorti dans les années 1970 qu'il avait pratiqué ces dernières années, il propose ici des compositions totalement inédites et instrumentales. On y trouve bien sûr des envolées solistes de mini moog dont le claviériste a le secret, mais The Red Planet ne s'y réduit pas, fort heureusement. Les paysages musicaux y sont en effet d'une grande variété, toujours portés par des thèmes marquants, des mélodies soignées, hissant le disque parmi ce que Rick Wakeman a réalisé de meilleur dans une discographie pléthorique. L'apport de Lee Pomeroy à la basse, de Dave Colquhoun à la guitare (acoustique, en particulier) et du nouveau venu Ash Soan à la batterie participe pleinement de l'harmonie d'ensemble. L'album de la sérénité enfin trouvée.