Avant-Propos :

Si cette nouvelle Sélection contient un peu moins de noms ronflants que sa devancière, elle n'en demeure pas moins d'excellente qualité. On me le demande souvent, mais si ce fascicule porte le nom de "Sélection", c'est bien parce qu'il en est une. La période que nous vivons actuellement, où publier un album est devenu assez facile au regard des progrès technologiques, engendre une surproduction de nouveautés qu'il est indispensable de trier. C'est une question essentielle, non seulement pour vous proposer les meilleures albums du moment (du moins ceux que nous considérons comme tels) mais également dans un réel souci logistique de gestion des stocks. Malgré près de 25 ans d'expérience, il m'arrive en effet encore bien (trop) souvent de me tromper quant aux ventes escomptées d'un album, dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs. Et si ces erreurs se produisent déjà avec les albums sélectionnés, inutile de vous dire combien gérer les stocks serait davantage périlleux encore si le tri était moins exigeant.

Sans oublier de plus le fait que chaque album présenté bénéficie d'une mini-chronique spécifique, travail que nous ne sommes pas loin d'être les seuls à effectuer de nos jours dans le petit monde de la Vpc progressive. Mais bon, si vous lisez ces lignes, c'est certainement que vous le savez déjà. :-)

Bonne lecture à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)


Promotion Mars 2020

Dans la limite des stocks disponibles...

 

2 albums à 13 € pièce !!! 

ELEGANT SIMPLICITY : "The Ghost Of A Smile"

M-OPUS : "Origins"

 


La nouvelle Sélection de Nouveautés (Mars 2020)...

APAIRYS : "Vers La Lumière" 17 €

BAD DREAMS : "Frozen Heart" (digipack) 18 €

BANDA BELZONI : "Banda Belzoni" (digipack) 17 €

CLAUDIO SIMONETTI'S GOBLIN : "The Devil Is Back" (digipack) 18 €

DIFFERENT LIGHT : "Binary Suns (Part 1 - Operant Condition)" (digipack) 17 €

ELEGANT SIMPLICITY : "The Ghost Of A Smile" 13 €

FINAL CONFLICT : "The Rise Of The Artisan" 17 €

GODSTICKS : "Inescapable" (digipack) 17 €

JOHN HOLDEN : "Rise And Fall" (digipack) 17 €

IMAGIN'ARIA : "Exiligere" 17 €

INFRINGEMENT : "Alienism" (digipack) 17 €

INFRINGEMENT : "Transition" (digipack) 17 €

INSOMNIA : "Brainshock" 17 €

JPL : "Sapiens. Chapitre 1 : Exordium" (digipack) 17 €

LIFE IN DIGITAL : "Signs To The Far Side" 17 €

MANGALA VALLIS : "Voices" 17 €

M-OPUS : "Origins" (2CD) 13 €

OVERTURE : "Overture" 17 €

SEMKINA, MARIANA : "Sleepwalking" 17 €

THE NEAL MORSE BAND : "The Great Adventour : Live In Brno 2019" (2CD + 2Bluray) 25 €

STEVE THORNE : "Levelled, Emotional Creatures III" 17 €

YENISEI : "The Last Cruise" 17 €

 


APAIRYS : "Vers La Lumière" (47:16) 15 €


Apairys est une nouvelle formation française adepte d’un rock progressif s’abreuvant à de multiples sources d’inspiration. Trois musiciens seulement sont pourtant à la manœuvre, Christophe Bellières au chant, Benoît Campedel à la basse et à la guitare, Silvain Goillot à la batterie et aux claviers. Ces deux derniers ayant une expérience acquise au sein de Maldoror et Saens. Vers La Lumière comprend lui aussi peu de titres, mais quels titres ! S’étirant de cinq à seize minutes, ils témoignent d’une grande maîtrise de leur art par les trois Français, adeptes d’une musique tenant à la fois de King Crimson et du Ange des années 1970. Si le mélange vous semble improbable, écoutez Apairys, vous en ressortirez nécessairement impressionnés par l’effort de modernisation de tout un patrimoine partagé, par la diversité des ambiances sonores également, sans oublier le chant en français, parfaitement assumé. Une très belle carte de visite !!!

 

 

 


BAD DREAMS : "Frozen Heart" (digipack) (44:26) 17 €


Frozen Heart est le quatrième album studio de compositions originales réalisé par les Argentins de Bad Dreams. Rappelons en effet qu’ils furent originellement un tribute band à Genesis. Il y a bien sûr dans leur musique l’empreinte du rock progressif britannique des années 1970, mais à l’image des Samurai Of Prog (la voix Matias Pereyra se rapproche d’ailleurs de celle de Steve Unruh), Bad Dreams sait faire fructifier cet héritage, produisant une musique dotée de sa propre personnalité, ainsi qu’en témoigne ce simili bandonéon sur “My Mind In The Cage”, titre aux accents jazzy. Il y a incontestablement du néo-prog dans l’esprit, Bad Dreams y insufflant toujours une originalité certaine. La guitare d’inspiration fusion et les claviers réservent également de très beaux moments. Un très bel album latino-américain, qui montre que cette partie du monde n’est pas définitivement absente du progressif moderne.


BANDA BELZONI : "Banda Belzoni" (digipack) (56:26) 17 €


Sorti en fin d’année dernière et passé dans un premier temps à travers nos radars, le premier album de cette formation italienne est une formidable douceur capable d’accompagner au mieux cette fin d’hiver. Présenté comme un opéra rock, Banda Belzoni est avant tout un album de progressif typiquement italien, porté par le talent de Gigi Venegoni (Arti E Mestieri) et Sandro Bellu. Ce duo, accompagné de plusieurs invités vocaux (dont Fabio Zuffanti et Lino Vairetti d’Osanna) et d’un batteur, développe en effet une musique symphonique, aux superbes textures et aux mélodies chatoyantes. Ce sont d’ailleurs ces dernières qui marquent les esprits, avec quelques élans plus fusion parfois qui s’avèrent tout autant réussis. On n’oubliera pas les parties chantées bien sûr, particulièrement soignées et probantes, qui illustrent parfaitement l’histoire de l’archéologue italien du 19ème siècle, Giovanni Battista Belzoni. Album très rafraîchissant au final !!

 

 

 


CLAUDIO SIMONETTI'S GOBLIN : "The Devil Is Back" (digipack) (51:16) 18 €


Comme bien d’autres formations, pensons entre autres à Barclay James Harvest, Goblin, une des légendes du progressif italien des années 1970, s’est désormais dissocié en deux entités. D’un côté, la formation ayant conservé plusieurs musiciens et le nom original, de l’autre, celle impulsée par le claviériste historique Claudio Simonetti. L’ensemble des dix compositions livrées dans The Devil Is Back est instrumental, avec un très bon travail de la section rythmique (quelle basse !). Mais ce sont bien sûr les claviers qui sont ici à la fête, retrouvant des thèmes inspirés, entre mellotron, theremin, piano... Entre le magnifique “Brain Zero One” ou les ambiances sépulcrales de “Agnus Dei”, on tient là un bijou de prog à la fois vintage, électro et cinématique, bien sûr. Splendide !


 

DIFFERENT LIGHT : "Binary Suns (Part 1 - Operant Condition)" (digipack) (56:37) 17 €


Different Light est un groupe original, initialement porte-flambeau du rock progressif... dans l’île de Malte ! Ayant déménagé en République tchèque, ce quatuor mené par le chanteur et claviériste Trevor Tabone nous livre son quatrième opus studio, annoncé comme étant la première partie d’un concept. Sa musique est extrêmement solaire, un prog au mélodisme exacerbé, qui a su faire fructifier l’héritage de Barclay James Harvest, de Kansas, de Supertramp, du Asia de John Payne ou de Rush. Le prog symphonique est quand à lui à la fête sur la suite de vingt minutes “Spectres And Permanent Apparitions”. De bout en bout, Binary Suns est un véritable régal, un album limpide animé d’une énergie vitale intense et communicative.

 

 

 


ELEGANT SIMPLICITY : "The Ghost Of A Smile" (47:35) 13 €


Cela fait désormais près de 30 ans qu’existe Elegant Simplicity. A la tête de ce groupe anglais, le multi-instrumentiste Steven McCabe qui, au fil des années et des albums, s’est plus ou moins entouré d’invités, dans une boulimie créative forcément un peu inégale. Cela faisait ainsi assez longtemps que l’on n’avait plus parlé de Elegant Simplicity dans nos Sélections, mais les choses ont clairement changé ces derniers temps. Steven McCabe, forcément plus expérimenté, a visiblement cherché à proposer un album des plus cohérents. Et aussi à sortir un peu de sa zone de confort, dans la mesure où The Ghost Of A Smile quitte les strictes frontières néo-progressives pour proposer un propos bien plus large et un peu moins prévisible, plus seventies également. Steven McCabe, secondé ici par plusieurs invités (batterie, basse, violon, flûte, trompette...), expose ainsi, à travers ses 7 nouvelles compositions (de 1:55 à 11:31), un savoir-faire indéniable qui devrait enfin le faire changer de catégorie. Et passer du statut de musicien sympathique à artiste vraiment attrayant !!


FINAL CONFLICT : "The Rise Of The Artisan" (61:50) 17 €


Final Conflict est peut-être le secret le mieux gardé du néo-prog britannique. Le groupe a en effet vu le jour au milieu des années 1980, produisant régulièrement des albums jusqu’à ce huitième en date. A l’écoute, on saisit rapidement tout ce que Final Conflict doit à cette décennie dominée par les Marillion, IQ et Pendragon. Les ambiances, les nappes et les sonorités de claviers, les chœurs, tout est réuni pour un voyage dans le temps qui est aussi plongée dans une certaine nostalgie. Attention, toutefois, les compositions sont riches et variées, les musiciens apposant leur marque sur une musique plus personnelle qu’on ne pourrait le croire (mention particulière au bassiste et au guitariste). L’occasion, sans doute, de réévaluer la carrière et la discographie du groupe et d’en faire l’un des maîtres du courant néo-progressif contemporain...

 

 

 


GODSTICKS : "Inescapable" (50:17) 17 €


Godsticks est un groupe gallois mené par le chanteur guitariste Darran Charles, qui roule sa bosse depuis plus d’une dizaine d’années, assurant les premières parties de The Aristocrats ou The Pineapple Thief. Comme les productions KScope de manière générale, son nouvel album bénéficie d’une production soignée, un rendu d’une grande pureté pour une musique souvent nerveuse, voire agressive. On est ici dans un rock alternatif hargneux, proche parfois du King Crimson le plus agressif, mais qui sait également se faire plus caressant, développant des mélodies élaborées et profondes. La guitare est incontestablement l’instrument roi, soutenue par une section rythmique adepte des tempos complexes et élaborés. Avec les 9 titres (de 3:53 à 9:31) de Inescapable qui installent une atmosphère particulière et pas si éloigné que cela d’un Porcupine Tree, Godsticks mérite assurément le détour.


JOHN HOLDEN : "Rise And Fall" (digipack) (53:01) 17 €


Avec Capture Light en 2018, le britannique John Holden avait fait une entrée remarquée dans le monde du prog, à la manière jadis d’un Steve Thorne (que l’on retrouve également dans cette Sélection, comme quoi le monde est petit...). Il confirme tout le bien que l’on pouvait penser de lui avec ce nouvel opus, un concept retraçant l’aventure de l’humanité, de ses origines à son possible déclin. Sept morceaux, de cinq à dix minutes, et une impressionnante galerie d’invités : That Joe Payne (de Zio), Peter Jones (Camel), Nick D’Virgilio (Big Big Train), Michel St-Père (Mystery), Oliver Wakeman, Billy Sherwood (Yes)... Un rassemblement qui n’est assurément pas le fruit du hasard : c’est un petit bijou de rock progressif symphonique mélodique et gorgé d’émotion que John Holden nous offre avec Rise And Fall.


IMAGIN'ARIA : "Exeligere" (41:08) 17 €


Depuis ses débuts discographiques en 1996, cette formation italienne a certes connu une activité des plus variables (4 albums en 10 ans puis plus aucune nouvelles les 13 suivantes) mais a toujours pu compter sur les mêmes musiciens. C’est peut-être cette stabilité qui permet aujourd’hui à Imagin’Aria d’apparaître dans une forme resplendissante. La recette est certes celle d’un rock progressif globalement symphonique rehaussé de quelques savoureuses envolées plus nerveuses insufflées notamment par la guitare. Le chant en italien est puissant, emphatique et très expressif, et s’avère parfait pour porter les compositions (8, de 2:48 à 6:36) dans des sphères qualitatives que Imagin’Aria n’a véritablement jamais fréquentées jusqu’ici. Rien de révolutionnaire peut-être au final, mais Exeligere est le fruit du travail d’artisans appliqués et talentueux. Belle renaissance !

 


INFRINGEMENT : "Alienism" (digipack) (40:07) 17 €


Il est temps que cette formation norvégienne se fasse enfin un nom dans notre microcosme. Bon, il faut avouer que celui qu’elle s’est choisi (“infraction” en français) n’est pas le plus sexy, mais la musique découvete ici l’est bien davantage. Alienism traite de la folie et des internements imposés, sujets peu propices à une musique joyeuse a priori. Néanmoins, dans le courant progressif, le concept choisi par un groupe n’est pas essentiel, surtout s’il n’est pas évoqué dans notre langue maternelle. Alienism, construit autour de 4 longues compositions, expose un progressif symphonique moderne, qui fait de constantes plongées dans les années 70. Pour le reste, c’est à un néo-progressif sophistiqué auquel nous avons affaire, un peu à la manière du dernier album d’IQ. Franchement, Infringement supporte bel et bien la comparaison avec son glorieux aîné et ce ne sont pas les superbes développements instrumentaux, portés par de lumineuses mélodies, qui viendront contredire cette intuition. A ne pas rater, vos l’aurez compris.

PS : quelques exemplaires du premier album d’Infringement (Transition, datant de 2017) sont actuellement disponibles au même prix...


 

 

INSOMNIA : "Brainshock" (63:56) 17 €


Quel plaisir de découvrir ce genre d’album qui offre exactement ce qu’il promet. Certains d’entre vous pourraient tout à fait considérer que c’est au contraire un défaut, mais Brainshock développe un néo-progressif symphonique tellement raffiné et efficace qu’il semblerait incongru de lui reprocher son manque de surprises. Sorti en fin d’année dernière, le premier album de cette formation italienne propose en effet exactement ce qu’il faut avec une première œuvre : en faire une carte de visite soignée qui donne envie de suivre son auteur dans le futur. A travers des compositions (8 ici, de 6:09 à 9:08) parfaitement maîtrisées, Insomnia offre de belles séquences, entendez par là qu’elles contiennent des mélodies marquantes et des envolées instrumentales dignes de ce nom. Les amateurs du genre vont régaler ! Quant aux autres, ils ne lisent déjà plus ces lignes... Hé, hé...

 


JPL : "Sapiens. Chapitre I : Exordium" (digipack) (46:29) 17 €


Vaste projet que celui dans lequel s’est lancé Jean-Pierre Louveton, gardien fidèle de l’âme de Nemo. Sapiens est en effet une trilogie, dont le premier volet se subdivise lui-même en trois suites d’une quinzaine de minutes chacune. Le concept : retracer l’histoire de notre espèce, de son émergence aux risques d’auto-destruction et à une possible issue sur une autre planète. Histoire et science-fiction font donc ici bon ménage, tandis que la musique, toujours puissamment rock, est également profondément symphonique, avec cette guitare éclatante de lyrisme et de beauté, qui fait de Jean-Pierre Louveton un des meilleurs guitaristes français. Il est en outre aux commandes de l’ensemble des instruments, à l’exception de la seule batterie, réservée à Jean-Baptiste Itier. Probablement le meilleur disque de JPL à ce jour, et sans nul doute le plus “typiquement” progressif.


LIFE IN DIGITAL : "Signs To The Far Side" (digipack) (50:02) 17 €


Vous regrettez que le Yes de 90125 ou de Talk (le meilleur de la période Trevor Rabin donc) n’ait pas vraiment connu de suite ? Et bien, ne passez surtout pas à côté du premier album de cette formation anglaise menée par Robin Schell (que l’on a connu, sous un autre nom, dans Blue Shift) et John Beagley. Si Schell est un vocaliste de grand talent, qui possède une voix proche de celle de Jon Anderson, c’est également, comme son alter-ego d’ailleurs, un multi-instrumentiste émérite. Signs To The Far Side, constitué de 6 morceaux (de 3:01 à 22:45), évoque donc clairement le Yes évoqué plus haut, moderne et flirtant souvent avec un progressif AOR. On pense aussi un peu aux Buggles et à Asia, mais le chant nous ramène le plus souvent très vite au Yes des années 80 et de la première moitié de la décennie suivante. Life In Digital, avec une joie évidente et nul complexe à effectuer ce bond dans le passé, délivre une délicieuse sucrerie qui titillera bon nombre de papilles, y compris celles des fans les plus radicaux de Yes...

 

 


MANGALA VALLIS : "Voices" (42:44) 17 €


Depuis son apparition, à l’aube du nouveau siècle, Mangala Vallis est devenu une valeur sûre du rock progressif transalpin. Ce nouvel album crée d’autant plus l’événement que le précédent disque datait de 2012 ! Si la filiation symphonique est toujours présente, Voices apparaît comme plus moderne, tirant davantage vers le néo, voire vers un certain prog américain à la Kansas ou à la Styx. Le travail sur les voix, en particulier, est remarquable. Le tout est réalisé avec brio et brillance. La courte durée de l’opus et des morceaux (7, de 4:45 à 7:21) n’apparaîtra ainsi pas du tout comme un regret pour les amateurs du groupe italien, car Mangala Vallis, par ses options musicales parfaitement assumées et maîtrisées, transforme tout cela en réel atout !

 


M-OPUS : "Origins" (2CD) (75:06/61:43) 13 €


M-Opus est un projet singulier, dont le premier album sorti en 2015, 1975 Triptych, était conçu comme un hommage explicite à cette année de l’histoire du prog, les musiciens s’amusant à jouer comme certains de leurs aînés... Les Irlandais sont de retour avec un double album, excusez du peu, centré cette fois sur 1978. Un choix qui peut paraître surprenant, car évocateur pour la plupart d’entre nous d’un déclin du prog. Mais Origins se révèle être une collection de titres brillamment interprétés, usant d’une instrumentation exclusivement d’époque, qui titille aussi bien Rush que Pink Floyd, culminant dans une suite de 24 minutes. L’œuvre est d’autant plus marquante qu’un concept de science-fiction vertèbre le tout, projetant l’auditeur deux siècles dans le futur. D’authentiques acteurs ont d’ailleurs été sollicités pour jouer cette histoire originale. Assurément l’une des plus belles surprises de ce premier trimestre 2020.

 

 

 


 

OVERTURE : "Overture" (49:45) 17 €


A l’instar de Insomnia, Overture propose un premier album très réussi, et qui plaira beaucoup à toutes les personnes auxquelles il s’adresse. Ces personnes, ce sont celles qui considèrent que le rock progressif italien est l’un des tous meilleurs actuellement, notamment dans son acception seventies. Overture, dont la pochette est un bel indice quant à son contenu, est une œuvre soyeuse, souvent dominée par les claviers et qui possèdent quelques séquences classisantes (violon, flûte, piano) qui peuvent renvoyer à Locanda Delle Fate ou PFM. Sorti initiallement en 2018, mais diffusé plus largement seulement récemment, cet opus est constitué de longues compositions (de 8:10 à 13:28, seule l’intro dure 58 secondes) et mis en musique par de jeunes et brilants musiciens. Overture est donc un nouveau groupe italien qui fait une entrée remarquée sur la scène progressive, de quoi nous rendre un peu jaloux de constater une telle fécondité dans ce pays. Bravo

 


 

MARIANA SEMKINA : "Sleepwalking" (digipack) (43:03) 17 €


Mariana Semkina est surtout connue comme chanteuse de Iamthemorning, ce groupe russe dont elle est une des deux têtes pensantes, avec le brillant pianiste Gleb Kolyadin. La voilà qui se lance également dans une création plus personnelle, un superbe album de chansons aux arrangements profondément symphoniques, sobres et subtils. Le piano, les cordes tout est là pour embellir une voix qui, au naturel, est déjà un extraordinaire vecteur d’émotions. Mais les titres se suivent sans se ressembler, plusieurs privilégiant une vraie pulsation rythmique. Il faut dire que Mariana Semkina s’est entourée pour l’occasion de quelques pointures, Jordan Rudess, Nick Beggs ou Craig Blundell. On est ici entre Loreena McKennit et Kate Bush, un régal pour les oreilles et pour le cœur.

 

 

 

 


THE NEAL MORSE BAND : "The Great Adventour - Live In Brno 219" (2CD/2Bluray digipack) (59:06/75:12 + 141mn/123mn) 25 €


Revoici Neal Morse et son équipe, pour un témoignage live supplémentaire. Encore ? Encore ! Encore ! Oui, car quand les enregistrements sont de cette qualité, on en redemande jusqu’à plus soif ! Le groupe qui entoure Neal Morse, Mike Portnoy, Eric Gillette, Bill Hubaueur et Randy George, est d’une osmose telle que sa prestation se rapproche désormais de la perfection. Dans des conditions sonores et visuelles idéales, l’intégralité du dernier double studio en date The Great Adventure est interprétée, vingt-deux morceaux que complète un medley étendu, de près d’une demi-heure, qui comprend à la fois des titres de Neal Morse en solo et d’autres de son groupe : de quoi réviser une carrière pléthorique ! Les deux Bluray contiennent, outre le concert lui-même, deux documentaires sur cette tournée européenne ainsi que les vidéos du double studio. Le plaisir du prog symphonique à l’état pur.


STEVE THORNE : "Levelled, Emotional Creatures III" (53:53) 17 €


Voici donc le retour de Steve Thorne, cet artiste britannique qui pour ses premiers disques avait réussi à mobiliser le ban et l’arrière ban de la scène prog ! C’est d’ailleurs en reprenant le titre (Emotional Creatures) de ces premiers disques qu’il fait son retour, dans une configuration plutôt surprenante, puisqu’il est cette fois pratiquement seul aux commandes de l’ensemble, seulement accompagné du guitariste Geoff Lea et du batteur Kyle Fenton. Onze titres, de deux à neuf minutes, forts de la science des mélodies manié avec brio par Steve Thorne. Des soli de guitare incandescents, une basse très expressive, des arrangements parfois world, et un style prog-pop profondément britannique dans son essence, tels sont les atouts de ce magnifique disque solaire, un remède à prescrire pour le plus grand nombre en ces temps d’anxiété.

 

 

 


YENISEI : "The Last Cruise" (36:25) 17 €


Quand on ne trouve pas de chanteur, le plus simple est de s’en passer, de changer son fusil d’épaule et de publier un album entièrement instrumental. C’est ce qu’ont fait les cinq musiciens de cette formation polonaise, et force est de constater que leur post-rock mélodique se passe très bien de parties chantées. C’est d’ailleurs un peu dans les gênes de ce courant musical de laisser les atmosphères s’installer progressivement pour mieux les briser ensuite à coups de riffs ou d’envolées irrésistibles. Les 6 compositions (de 4:51 à 8:30) de ce premier album évoquent bien certains ténors du genre, comme Toundra, Frames ou Collapse. The Last Cruise possède en effet une dimension cinématique digne des plus grands, en tout cas de ces formations issues du post-rock et qui franchissent allégrement les frontières progressives...