Avant-Propos :

Cette première Sélection de l’année est bien sûr l’occasion de vous présenter nos meilleurs vœux pour les 12 mois qui arrivent. D’un point de vue strictement progressif, tout devrait (normalement) bien se passer, notamment si l’on examine les nouveautés présentées dans ces pages (All Traps On Earth, La Coscienza Di Zeno, Ellesmere, Fem, Telegraph, The Windmill, etc.) ou celles qui doivent nous parvenir dans les prochaines semaines (Steve Hackett, The Neal Morse Band, Bubu, Karfagen, Rpwl, etc.). Néanmoins, on a beau être heureux de pouvoir écouter tous ces talentueux artistes, on ne peut simultanément s’empêcher d’être frustré que ces derniers ne fassent justement le bonheur que (au mieux) de quelques centaines de milliers de personnes de par le monde. Et si 2019 s’avérait l’amorce d’une notoriété grandissante pour le courant progressif ? On peut toujours rêver...

Bonne lecture et bonne année à toutes et à tous !

Olivier (pour Cosmos Music)

 


PROMOTION

Janvier 2019

Dans la limite des stocks disponibles...

 

2 CD à 13 € pièce !!! 

ARABS IN ASPIC : "Live At Avantgarden"

SALUKI : "Amazing Games"

 


Sélection de Nouveautés (Janvier 2019)...

ALL TRAPS ON EARTH : "A Drop Of Light" (papersleeve) 19 €

ARABS IN ASPIC : "Live At Avantgarden" (digipack) 13 €

DEAN BAKER : "Constellations" (digipack) 17 €

LA COSCIENZA DI ZENO : "Una Vita Migliore" (papersleeve) 19 €

ELLESMERE : "II - From Sea And Beyond" (papersleeve) 19 €

EVERSHIP : "Evership II" 17 €

FEM : "Mutazione" 17 €

FIZBERS : "Die Without Living" 17 €

FORGAS BAND PHENOMENA : "L'Oreille Electrique" 18 €

KARIBOW : "Monumento" (2CD digipack) 21 €

LIZARD : "Half-Live" (digipack) 17 €

MILLENIUM : "MMXVIII" (digipack) 17 €

MOTIS : "Déglingo" 17 €

SALUKI : "Amazing Games" 13 €

SPETRUM ORCHESTRUM : "It's About Time" (digipack) 17 €

TELEGRAPH : "Mir" (digipack) 17 €

TWELFTH NIGHT : "Sequences" (digipack) 17 €

TWENTY FOUR HOURS : "Close - Lamb - White - Walls" (2CD) 23 €

WALFAD : "Colloids" (digipack) 17 €

THE WINDMILL : "Tribus" (digipack) 17 €


 

 

ALL TRAPS ON EARTH : "A Drop Of Light" (papersleeve) (63:42) 19 €


Voilà une nouveauté qui risque fort de s’imposer comme un des incontournable de cette année 2019 qui commence à peine. D’autant plus qu’il s’agit d’une sortie un peu surprise car très peu annoncée, rendant la découverte du disque d’autant plus exaltante. Derrière All Traps On Earth se cache en fait Johan Brand, bassiste d’Änglagard de son état, investigateur d’un projet de longue haleine qui aura mis cinq années à aboutir. Entouré de sa fille, de quelques uns de ses collègues (ou ex) d’Änglagard et de nombreux invités (dont Phil Mercy de Thieves Kitchen), le musicien suédois a conçu un disque de progressif pur et dur, minutieusement arrangé et passionnant de bout en bout. Impossible de ne pas penser au mythique groupe suédois évidemment, face à ce festival de Mellotron, ces longs titres (de 13 à 18 minutes pour quatre d’entre eux) aux innombrables péripéties, et ces contrastes d’ambiances appuyés. Mais la musique de A Drop Of Light, à la richesse presque déconcertante, a le bonheur de s’aventurer aussi parfois dans des contrées plus jazzy (les parties de cuivre et vents), lyriques (le chant de Miranda Brand), et plus encore. Avec une production et une interprétation au delà de tout soupçon, voilà un album apte à conquérir tout autant le coeur des amateurs de progressif symphonique “classique” que d’avant-prog. Bref, n’y allons pas par quatre chemins... un quasi-classique instantané !

 

 


ARABS IN ASPIC : "Live At Avantgarden" (digipack) (75:06) 13 €


Non, Arabs In Aspic n’est pas un groupe issu de l’énergie révolutionnaire des printemps arabes, simplement une formation norvégienne amoureuse de King Crimson et de son célèbre Lark’s Tongues In Aspic... Forts de six disques studio, les cinq musiciens ont décidé de sortir un live, l’occasion rêvée de se familiariser avec un univers mélancolique et profondément nostalgique. Si les premiers disques privilégiaient un rock lourd, les marqueurs psychédéliques et space-rock n’ont fait que se développer au fil du temps. Une chose est certaine, si le chant en norvégien, exotique pour le coup, ne vous fait pas peur, si le Floyd ou King Crimson première incarnation font partie de votre panthéon personnel, et si vous succombez dès les premières notes de mellotron, de hammond ou de Rhodes, impossible de passer à côté de cet enregistrement explosif !


DEAN BAKER : "Constellations" (digipack) (55:10) 17 €


Dans la foulée du formidable dernier opus en date de Galahad, sorti il y a tout juste un an et très certainement destiné à occuper les premières places des classements de 2018, Constellations va ravir les amateurs du groupe anglais. Son claviériste nous propose en effet un premier album en solo, dédié à un ami décédé récemment et fortement influencé par la collection de disques de ce dernier. Une collection fortement orientée musique électronique, que Dean Baker reprend à son compte pour nous offrir un progressif influencé logiquement par des artistes comme Tangerine Dream, Vangelis, Jean-Michel Jarre, ou... Galahad. Les amoureux de claviers et de boucles synthétiques seront ici à la fête, mais Dean Baker a eu l’excellente idée de ne pas réduire son propos à cette seule orientation stylistique et propose en conséquence des séquences plus typiquement rock progressif, notamment sur les 4 titres chantés (10 au total, allant de 3:37 à 9:14) par Stu Nicholson (trois) et aussi Anastasia Coburg (un seul donc). Sans oublier la participation de Lee Abraham à la guitare, ce qui finit de créer un lien plus que probant avec Galahad...

 


 

LA COSCIENZA DI ZENO : "Una Vita Migliore" (papersleeve) (51:10) 19 €


Pour tous ceux qui succombent au ton si particulier du rock progressif italien dans son versant le plus symphonique, le plus romantique, La Coscienza Di Zeno est sans doute ce qui se fait de mieux actuellement en la matière. Le groupe honore en effet le riche patrimoine national, en y insufflant spontanéité et sincérité, le tout étant de surcroît magnifiquement produit. Ce nouvel opus studio, trois ans après le déjà superbe La Notte Anche Di Giorno, est d’ailleurs une vraie petite merveille : les compositions, aux mélodies captivantes, sont gorgées de flûte, de cordes et de claviers, mêlant avec aisance culture rock et jazz. Faisant se côtoyer instrumentaux et chansons, Una Vita Migliore est un disque capable de séduire tout prog maniac normalement constitué !


ELLESMERE : "II - From Sea And Beyond" (papersleeve) (45:40) 19 €


Ellesmere, le groupe du multi-instrumentiste italien Roberto Vitelli, sort un deuxième album studio qui rompt assez nettement avec le style acoustique de son devancier et qui sera assurément remarqué par les amateurs. Il faut dire que l’artiste s’est entouré de pointures du monde anglo-saxon, Robert Berry au chant, Trey Gunn à la Warr guitar, David Jackson, mais aussi les guitaristes Brett Kull ou Keith More. De quoi rehausser un ensemble de sept compositions, comprises entre deux et onze minutes, abordant le thème de la mer et de ce qu’elle promet comme dépassements aux humains qui s’y confrontent. Musicalement, l’empreinte du progressif symphonique teinté de néo est relativement sensible, mais de manière générale, l’auditeur le plus expérimenté décèlera dans ce disque tout ce que son créateur doit aux albums de l’écurie Magna Carta des années 1990 (Cairo en particulier), avec le même lyrisme et la même emphase. Sans oublier quelques allusions au meilleur UK, ce qui fait au final de From Sea And Beyond l’une des meilleures surprises de cette première Sélection de Nouveautés de l’année...

 

 


EVERSHIP : "Evership II" (62:56) 17 €


Disons-le d’entrée, Evership passe ici avec brio le cap du second opus. Toujours emmené par le chant aérien de Beau West et le formidable travail de composition du multi instrumentiste Shane Atkinson, le progressif de cette formation originaire de Nashville s’avère une nouvelle fois généreux et ambitieux, évoquant aussi bien Kansas et Yes, que des groupes plus récents comme Southern Empire ou Glass Hammer. Le tout au service de 5 compositions (de 7:38 à 28:26) captivantes, bourrées de longues séquences instrumentales parfaitement maîtrisées et variant les ambiances avec efficacité et cohérence. Le duo, entouré d’autres musiciens (membres du groupe ou invités), valorise de plus pleinement sa musique en lui offrant un enrobage sonore de grande qualité. La confirmation d’un indéniable talent !!


FEM : "Mutazione" (50:50) 17 €


Il y a 4 ans, FEM (Forza Elettromotrice) faisait une entrée remarquée sur la scène progressive avec son premier opus, arborant fièrement et avec une grande maturité les couleurs de l’Italie progressive. On attendait bien sûr le cap du second album pour juger de la réalité de ce talent sur la durée. Inutile de taire plus longtemps que ce Mutazione est une petite merveille. Chanté en italien avec un charisme incroyable et porté par des compositions (de 0:26 à 10:03) s’enchaînant avec facilité et naturel, ce nouvel album va illuminer votre début d’année. Pas grand chose à ajouter au final, Mutazione est au coeur de ce progressif baroque et bariolé que seule (ou presque) l’Italie est capable de nous offrir. Pas facile, vraiment, de faire chanter des mélodies et de parvenir simultanément à leur conserver de la profondeur. Et pourtant, FEM se joue de ce défi avec une facilité déconcertante...

 

 


FIZBERS : "Die Without Living" (44:49) 17 €


Constitué de 3 musiciens d'un vingtaine d'années seulement, Fizbers nous propose déjà son second opus, à peine plus d'un an après le premier. Toujours produit par le claviériste de Millenium, Ryszard Kramarski qui a visiblement pris le groupe sous son aile, Die Without Living développe une nouvelle fois un progressif floydien à la sauce polonaise, c'est-à-dire symphonique, accessible, aux mélodies satinées et aux ambiances nostalgiques. Un peu plus sombre néanmoins que son devancier, ce nouvel album montre une réelle progression de la part de Fizbers, et cela se ressent clairement à l'écoute des 7 présentes compositions (de 2:15 à 17:02) qui offrent des structures mieux charpentées. Comme on le pressentait, Fizbers parvient ici à affiner une personnalité qui ne demande qu'à s'épanouir pleinement au rythme des sincères et vifs encouragements que Die Without Living ne peut que recevoir... Un groupe à découvrir.


FORGAS BAND PHENOMENA : "L'Oreille Electrique" (54:19) 18 €


Six ans après Acte V, le temps de digérer deux changements de line-up (le légendaire Gérard Prévost héritant le poste de bassiste qu’il tenait déjà sur Cocktail en 1977 !) le septet du batteur-compositeur Patrick Forgas nous revient (toujours sous l’étiquette Cuneiform) avec cinq nouvelles épopées instrumentales à rebondissements (10-12 minutes), toujours distinguées par ce mélange inimitable d’immédiateté mélodique, de richesse harmonique et de sophistication rythmique, un progressif fortement teinté de jazz-rock canterburien et émaillé de réjouissantes interventions solistes (violon, guitare, sax et trompette). En France aussi, nos vétérans tiennent une sacrée forme !

 

 


 

KARIBOW : "Monumento" (2CD digipack (68:18/46:26) 21 €

 


Oliver Rüsing est le chainon manquant entre Clive Nolan et Arjen Anthony Lucassen. Ce multi-instrumentiste allemand, également chanteur, est en effet la cheville ouvrière d’un projet actif depuis déjà plusieurs années et pratiquement autant d’albums. Monumento franchit un palier d’importance, puisqu’il s’agit d’un double totalisant près de deux heures de musique, et dont le second CD est constitué de deux suites d’une vingtaine de minutes. Un certain nombre de musiciens sont d’ailleurs venus prêter main forte à Oliver Rüsing, Michel St-Père (Mystery), John Young (Lifesigns), Antony Kalugin (Karfagen, Sunchild) ou Hayley Griffiths (Karnataka) n’étant que les plus connus. Le résultat est un néo-prog classieux, à l’interprétation brillante et aux mélodies enthousiasmantes, digne de ce que sait produire Lifesigns, justement. Espérons que cet ambitieux opus soit enfin celui de la consécration critique pour son géniteur !


 

 

LIZARD : "Half-Live" (digipack) (44:02) 17 €


Pour être sincère avec vous, on n’espérait pas retrouver Lizard dans une telle forme. Après 6 albums, plus ou moins aboutis, la formation polonaise semblait vouer à jouer éternellement les seconds rôles. C’est pourquoi la sortie de ce Half-Live de haute facture et dénué de défauts s’avère bel et bien une excellente surprise. Construit autour d’une seule pièce de trois quarts d’heure, ce septième album possède une sorte de magie inéspérée, celle de découvrir des musiciens (incluant le chanteur) en parfaite harmonie et offrant le meilleur d’eux-mêmes. Tout part de l’excellente prestation du batteur, sur laquelle s’érige un progressif structuré et mélodique, inspiré par King Crimson, le premier UK ou l’école de Canterbury et qui s’écoule avec justesse et bonheur. Bravo !

 

 


MILLENIUM : "MMXVIII" (digipack) (38:33) 17 €


Le groupe polonais a de la suite dans les idées et exploite au mieux les différentes étapes de sa carrière. Du départ annoncé de Lukasz Gall, il aura tiré deux albums en 2018, l’un totalement instrumental (Notes Without A Word) et l’autre, ici présenté, intronisant le nouveau chanteur, Marek Smelkowski. Le problème avec MMXVIII, censé officiellement fêter les 20 ans de Lynx Music, c’est qu’il ne contient qu’un seul morceau inédit, le bien nommé “Unnamed” et ses 9:15. De quoi commencer à s’agacer un peu de ces sorties à répétition ? Eh bien pas vraiment en fait ! Millenium parvient en effet à engendrer des albums qui dépassent de très loin les limites de leur postulat de départ. MMXVIII propose également deux autres probantes pièces : une version étendue de “When I Fall” (Ego - 2013) et un medley de 20 minutes de 11 différentes compositions (choisies par Marek) de Millenium depuis ses débuts. Voici donc un bien bel opus au final, certes hybride et imparfait, mais qui nous permet de faire connaissance de belle manière avec Marek Smelkowski et son chant parfaitement maîtrisé. De quoi imaginer de nouveaux lendemains qui chantent pour la formation polonaise...


MOTIS : "Déglingo" (48:28) 17 €


Les Francs-Comtois de Motis reviennent avec leur septième album studio judicieusement intitulé Déglingo. Fini, ou presque, l’aspect médiéval majestueusement abouti avec la geste poétique et paysanne de Josquin Messonnier (2014). Le trio mené par Emmanuel Tissot s’est affranchi et développe pleinement toutes les qualités que l’on voyait et entendait s’exprimer tant sur scène que sur les récents opus. La paire rythmique est puissante et subtile, les claviers old-school toujours présents et le bouzouki se fait de plus en plus électrique et guitaristique. Motis déploie son chant si particulier et affirmé sur des textes toujours ciselés et à l’engagement subtil. Avouez aussi qu’après André Balzer (Atoll) sur “La Cabane” du précédent album, avoir droit à un nouveau duo sur “Monsieur Machine”, avec Christian Décamps (Ange), c’est excitant ! Bref, Motis décolle comme le spationaute de la pochette avec des titres entraînants comme “La Fièvre De L’Or”, “Cavale”, “Déglingo”, “Mars”, ou “L’effet Overview”, instrumental joyeux et alambiqué. Motis surprend, Motis décolle, et nous entraîne dans son sillage déglingué !

 

 


 

 

SALUKI : "Amazing Games" (digipack) (42:20) 13 €


Auteur d’un premier album éponyme en 1977, ce groupe norvégien (mené par Freddy Dahl, ex Junipher Greene) n’avait pas eu l’occasion de sortir le second, pourtant totalement achevé, du fait de la banqueroute subite de son label de l’époque. 40 ans plus tard, Amazing Games, fait son apparition, mais pas exactement dans la peau de cet opus fantôme que l’on pourrait imaginer. Saluki a ainsi refondu l’architecture de ce nouvel opus, enlevant quelques unes des compositions choisies à l’origine pour les remplacer par d’autres issues des mêmes sessions. Et bien sûr, les 7 heureuses élues (de 4:00 à 8:47) ont été entièrement réenregistrées pour l’occasion. Au programme, un prog fusion très chaleureux, groovy, offrant même quelques touches pop et qui met de bonne humeur. Une musique éprise de liberté donc, qui sonne irrémédiablement seventies et qui évoque parfois Camel, Tribute ou Return To Forever. A découvrir.


SPECTRUM ORCHESTRUM : "It's About Time" (digipack) (44:06) 17 €


Spectrum Orchestrum est un groupe lillois que l'on avait pu découvrir en 2014 avec Suburbs, premier EP dévoilant un progressif canterburien mélodique et coloré, mâtiné de jazz et d'improvisation. C'est cette dernière facette plus spontanée qu'il a décidé d'explorer en profondeur sur son premier album It's About Time, constitué pour sa plus grande partie par le morceau-titre de 33 minutes. Bien qu'en partie expérimentale, la musique proposée se révèle plus accessible que ce que son postulat de départ pourrait laisser penser, grâce à l'indéniable cohésion du quartet, sa maîtrise des contrastes et des dynamiques, et sa manière intelligente de ménager de superbes séquences atmosphériques au sein de la transe lancinante qui constitue le coeur de son propos. Entre Henry Cow, le Magma le plus obsessionnel et le Miles Davis électrique du tournant des années 60 et 70, le disque tient en haleine de bout en bout. Pour tout ceux qui voudraient goûter au délicieux frisson de l'inconnu propre aux musiques improvisées, It's About Time peut même constituer une porte d'entrée idéale car dénuée des aspects les plus extrêmes du genre. À découvrir !

 

 


TELEGRAPH : "Mir" (digipack) (51:17) 17 €


C’est sur la recommandation de plusieurs d’entre vous que le premier album de cette formation israélienne apparaît dans ces pages. Ayant échappé initialement à nos radars, Mir mérite clairement que l’on s’attarde sur le fantastique progressif aérien qu’il nous propose. Bénéficiant d’une très bonne production, permettant de découvrir un son d’une grande clarté, les 6 présentes compositions (de 4:14 à 14:51) développent une musique envoûtante, globalement instrumentale et seventies, et qui renvoie notamment à Pink Floyd, Camel, Eloy, Grobschnitt, voire Frames pour citer un groupe plus récent et plus typé post-rock. Le tout baignant parfois dans une délectable torpeur spatio-symphonique, portée par une force évocatrice des plus aiguisées, ce qui tue dans l’oeuf toute crainte d’un propos linéaire... Magnifique !!!


TWELFTH NIGHT : "Sequences" (57:01) (digipack) 17 €


Twelfth Night
continue donc de revisiter et de revivifier son catalogue, puisqu’après un Fact And Fiction en trois disques simplement indispensable, les survivants du groupe ont décidé de célébrer les quarante ans de l’ambitieuse composition «Sequences» (vingt-trois minutes tout de même) en la réenregistrant. Ironie du sort, cette pièce évoque la Première Guerre mondiale, en plein centenaire de sa fin... Le disque propose donc une nouvelle version studio et chantée du morceau (avec un clin d’œil à feu Geoff Man), une version instrumentale, et trois parties (9:55) de piano constituant autant de variations sur certains thèmes de la suite. Un copieux livret de plus de quinze pages complète ce bel ensemble, nouvelle célébration de la musique d’un des pionniers de moins en moins méconnu du néo-prog.

 


 

TWENTY FOUR HOURS : "Close - Lamb - White - Walls" (2CD) (47:12/36:56) 23 €


Twenty Four Hours est une formation italienne apparue au mitan des années 1980, et qui a connu dans la décennie suivante un certain succès. Après plus de 10 ans de silence, le groupe est revenu en 2016 sur le devant de la scène avec Left-To-Live, et n’aura donc pas tardé à donner un successeur à ce dernier. Cette sortie est d’autant plus exceptionnelle qu’il s’agit d’un double album, rendant hommage à quatre disques considérés comme majeurs par les musiciens : le White Album des Beatles, The Lamb Lies Down On Broadway de Genesis, The Wall de Pink Floyd et, plus étonnant, Closer de Joy Division (le patronyme du groupe provient d’ailleurs d’un titre de Joy Division). Une démarche originale, qui nous vaut des pièces variées et intéressantes, d’une reprise personnelle du «Embryo» de Pink Floyd à un alter-égo de «Supper’s Ready», en passant par la rencontre improbable entre King Crimson et le punk. Une sortie originale qui mérite un large écho.


 

WALFAD : "Colloids" (39:24) 17 €


Quatrième album pour les polonais de Walfad qui nous le proposent une nouvelle fois dans deux versions : l’une chantée en anglais, l’autre dans leur langue natale. Seule la première vous est ici proposée, mais il est bien sûr possible de commander la seconde. Au programme, pas mal de changements de musiciens autour du leader Wojciech Ciuraj pour un progressif très bien joué et produit qui se veut finalement assez peu dogmatique. Les 7 compositions (de 2:04 à 10:18) de Colloids aiment en effet surprendre et butiner diverses fleurs stylistiques, comme un art-rock assez typique des contrées polonaises, quelques envolées plus modernes à la Porcupine Tree ou un prog floydien. En moins de 40 minutes, Walfad nous expose son indéniable talent à ciseler des mélodies soyeuses et des atmosphères envoûtantes, prouvant de fait une totale (et inédite) maîtrise de son art.

 


 

THE WINDMILL : "Tribus" (digipack) (52:46) 17 €


Formation norvégienne forte de six musiciens, The Windmill nous propose son troisième opus studio depuis le début des années 2010. Pourtant, bien que nouvelle venue dans le milieu prog, elle a parfaitement digéré l’histoire de notre courant de prédilection, et plus spécialement celui de son âge d’or des années 1970. Car écouter Tribus, c’est plonger dans la spirale du temps, et s’immerger avec délice dans une musique fortement imprégnée de Genesis, de Jethro Tull ou de Camel. Sertie dans une production parfaite, elle ne singe aucunement les œuvres de ces grands anciens, parvenant sans difficulté apparente à développer sa propre personnalité. Mais quelle inspiration mélodique, quelle vigueur dans l’interprétation, avec des couleurs musicales éclatantes ! La suite initiale, longue de près de vingt-quatre minutes, mérite à elle seule le détour. La Scandinavie serait-elle la région du monde où bat désormais le cœur du rock progressif ?